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La lettre de l'Agora Vol 3 No 7, juillet  2011

Un Québec à prendre

Au début de Chercher le courant, l'excellent documentaire sur le harnachement de la rivière La Romaine, on nous montre une image de René Lévesque invitant les Québécois à prendre possession de leurs ressources hydroélectiques et à en assurer le développement. Cet appel fut entendu. Cinquante ans plus tard, les Québécois ont bien des raisons de croire qu'ils sont gouvernés par les firmes d'ingénieurs qui ont pris leur essor avec la construction des grands barrages: Manic, Baie James, etc. Ils paraissent déboussolés, même si on veut toujours les attirer vers le Nord. Ils forment un électorat volatile prêt à donner un mandat majoritaire au Québec à un parti qui n'existe pas, après avoir remplacé à Ottawa d'excellents députés par des inconnus.

Dans le même documentaire, Roy Dupuis, un personnage aussi charismatique, visionnaire et responsable que René Lévesque, invite les Québécois à une aventure qui correspond à la fois à la conjoncture actuelle et aux aspirations des jeunes. Nous joignons notre voix à la sienne pour inviter les Québécois à prendre leur avenir en charge, dans une perspective semblable à celle du documentaire, mais en s'inspirant de la vision, de la méthode et de l'expérience du mouvement Initiatives de Transition. Notre voix c'est celle de Marc Chevrier, Andrée Mathieu, amis et collaborateurs de longue date de l'Agora, c'est aussi celle des dirigeants de Réseau Transition Québec, Michel Durand et Serge Mongeau, de même que celle de Christian Roy, philosophe, traducteur d'une partie du Manuel de Transition, et de Jonathan Jubinville, un jeune consultant en design d'affaires.

Une France prise

La France est-elle finie? Faisant écho au dernier livre de Jean-Pierre Chevènement, Marc Chevrier nous présente une France captive de l'Europe, au point d'y jouer, en plus grand, le rôle du Québec dans le cadre fédéral canadien.

 Jacques Dufresne


Lettre ouverte au ministre Pierre Arcand

par Andrée Mathieu, Encyclopédie de l'Agora

Force est de constater que ce sont les milieux politiques qui freinent le mouvement d'ensemble.[...] Pourquoi? En tant que ministre québécois du Développement durable, vous pourriez trouver facilement bien des excuses, dont l'exemple du gouvernement d'Ottawa ou le manque d'argent. Il est toutefois un obstacle majeur, condition de toute réussite, que vous pourriez lever par un simple effort d'attention, car il est d'ordre intellectuel. Cet obstacle c'est le recours à la pensée linéaire pour résoudre des problèmes relevant de la pensée complexe. La simple amélioration de nos pratiques actuelles ne suffit pas. Il faut comprendre le monde autrement ou si vous préférez, changer de paradigme. 

Un développement durable mal conçu

par Jonathan Jubinville, Encyclopédie de l'Agora

Comment pouvons-nous parler de DD autrement que par le discours pessimiste sur l'évitement de la catastrophe? Si on considère que notre société est un super-organisme vivant, le développement durable ne devrait-il pas plutôt viser son meilleur accomplissement? Un sérieux examen de conscience s'impose pour identifier les maux qui nous empêchent d'évoluer vers cet accomplissement collectif. Il importe aussi de valoriser plus que jamais l'imagination et la créativité, qui pourront agir à la fois comme remèdes et antidotes naturels pour nous éviter de recréer des patterns destructeurs.

Réseau Transition Québec et l'Agora

Michel Durand et Serge Mongeau, Encyclopédie de l'Agora

Le mouvement de Transition est officiellement apolitique – au sens où il ne s’associe à aucun parti politique. Deux raisons principales motivent ce choix : premièrement, parce que les administrations passent en ayant presque toujours une vision à court terme – leur réélection – alors que les Initiatives de Transition entendent réaliser leur projet que l’administration en place y soit favorable ou non et, deuxièmement, parce que les allégeances politiques divisent et que les changements profonds qui sont nécessaires impliquent une mobilisation très large des citoyens au-delà des divisions – nous favorisons une inclusivité maximale. Ce qui n’empêche pas les « transitionnaires » de se préoccuper de la « chose publique », conscients qu’ils sont que les problèmes auxquels ils essaient de faire face leur origine dans une organisation sociale qui dépasse les frontières de la ville ou du quartier. À l’occasion aussi, il est nécessaire de se mobiliser pour faire bouger des administrations qui refusent de collaborer aux initiatives choisies par le mouvement.

Une lecture du Manuel de Transition de Rob Hopkins à la lumière de Bernard Charbonneau

 par Christian Roy, Encyclopédie de l'Agora

C’est ainsi que « les Initiatives de Transition sont fondées sur quatre prémisses de base : » 1)Nous ne pourrons éviter de vivre en consommant beaucoup moins d’énergie. Il vaut mieux s’y préparer que d’être pris par surprise. 2)Nos établissements humains et nos communautés manquent de la résilience nécessaire pour survivre aux importants chocs énergétiques qui accompagneront le pic pétrolier. 3)Nous devons agir collectivement et nous devons le faire maintenant. 4)En stimulant le génie collectif de notre entourage pour concevoir en avance et avec créativité notre descente énergétique, nous pouvons construire des modes de vie plus interreliés, plus enrichissants et qui reconnaissent les limites biologiques de notre planète. La Transition vers l’après-pétrole retrouve ici comme planche de salut au milieu du naufrage économique les objectifs politiques du personnalisme gascon qui, dès 1935-36, réclamait en conclusion de son Manifeste en 83 points, rédigé par Charbonneau et Ellul, « UNE CITÉ ASCÉTIQUE POUR QUE L’HOMME VIVE »,

La fin du souverainisme... mais peut-être pas de l'indépendance

 par Marc  Chevrier Encyclopédie de l'Agora

Où en est donc le Québec? Confuse aux yeux des Québécois eux-mêmes, la situation actuelle dans la Belle Province doit paraître incompréhensible aux étrangers. Dans cet article, l'une des premières études en profondeur des événements récents, Marc Chevrier apporte une réponse qui intéressera tous les lecteurs de cette lettre.

Trois histoires de solidarité

par Andrée Mathieu, Encyclopédie de l'Agora

Transition Christchurch fait le constat que le monde de 2011, et bien sûr celui du futur, sera fort différent de celui qu'on a pu observer en 1850, 1900, 1950 et même en 2000. « Il est important que nous regardions la réalité en face, que nous cessions de nous abriter dans le confort de la pensée magique et que nous arrêtions de ne voir que ce qui fait notre affaire. Nous devons aller de l'avant et ne pas rester figés en 2011. Nous vivons un temps de grand changement, de sorte que le passé n'est plus garant de l'avenir.

L'anecdote

par Julien Vallières , Encyclopédie de l'Agora

Sans pour autant lui être nécessaire, ce piquant de l’anecdote est la condition ordinaire de son succès et le gage de sa pérennité. Comme en effet l’anecdotique subsiste en deçà de l’historiographie officielle, le plus souvent dans la culture orale, érudite ou populaire, les qualités mnémoniques de l’anecdote sont déterminantes. Et le plus simple est encore qu’elle frappe l’imagination de belle façon.

La forme brève de l’anecdote favorise son emploi, et la facilité avec laquelle on la mémorise, son réemploi. Sous certaines conditions, l’anecdote atteindra donc un large public, et la mémoire d’un événement s’en trouvera plus sûrement préservée. (L’anecdote, cependant, ne prête aucune allégeance : certains recueils d’anecdotes ont servi de contre-histoires.)

Maison

par Éric Volant, Encyclopédie sur la mort

Les humains sont, dans la racine même de leur être, en crise d’habitation. Non seulement peuvent-ils, à cause de la conjoncture économique, être en crise de logement, mais plus radicalement, ils sont en quête de la bonne manière de séjourner parmi les êtres et les choses. Les suicides sont des signes révélateurs de ce mal d’habiter qu’éprouvent les humains cherchant un lieu où aménager leur existence sur une terre déjà occupée par d’autres humains et régie par des lois qui les précèdent.


Entrevue

«Et si la beauté pouvait sauver le monde?» Dostoievski

Jean-Noël André et Olivier Fenoy, Encyclopédie de l'Agora

Si la Beauté nous a un jour interpellé par un regard, un jeu de couleurs, une harmonie, la dureté d’une situation humaine, un magnifique panorama ou une petite fleur, si de surcroît, nous avons quelque talent pour le dire, le chanter ou le peindre, surtout, sachons que cette Beauté est fragile et qu’elle nous enseigne qu’humus et humilité ont même racine. Si nous sommes conscients que Bonté et Vérité semblent aujourd’hui en situation d'impasse, et qu’il ne reste plus que notre pauvre pauvreté, comme l'argile dans la main du potier, pour pouvoir exprimer que la Beauté sauve le monde, surtout n’ayons pas peur de cette grande indigence. Offrons-la.

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