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La lettre de l'Agora Vol 4 No 4, décembre  2011

Le Noël païen de Bernard Charbonneau

Le Noël chrétien de G.K Chesterton

D'une année à l'autre, en Occident du moins, on voit croître les célébrations de Noël et décroître la foi chrétienne. Il y a longtemps qu'on a cessé de célébrer les récoltes. Tourner le dos au sacré est la chose la plus facile du monde. Noël résiste. Pourquoi? Parce que les commerçants y voient leur intérêt? Ce n'est pas une explication suffisante. On aurait pu reporter la grande foire de décembre à une fête de l'humanité tenue en septembre, comme celle du journal parisien l'Humanité. Noël résiste parce qu'elle donne le poids de la réalité à ce vers quoi convergent tous les idéaux des hommes: donner pureté à la force et force à la pureté, unir l'infiniment puissant, représentation la plus commune de Dieu, à l'infiniment fragile, ce nouveau né dans lequel Dieu s'incarne, renversant ainsi l'ordre naturel du monde, où, selon Simone Weil «les moyens forts sont oppressifs et les moyens purs inopérants.» Ce jour là, dit Chesterton....

 Joyeux Noël...et merci à tous nos amis et collaborateurs, à Jean-Philippe Costes en particulier, qui met la dernière main à sa vaste fresque sur le cinéma anglosaxon.

Hélène Laberge, Jacques Dufresne

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Le suréquipement

par Jacques Dufresne

Le besoin de suréquipement est l'un des moteurs de l'économie contemporaine. Le phénomène est universel: skieurs débutants et obèses sur les skis d'un champion ; système de son pour les oreilles de Mozart dans une maison où personne ne sait lire une portée ; ; souliers adaptés pour une longue marche qui n'aura jamais lieu, système GPS sur l’île d'Anticosti, pêche sportive au sonar dans un étang ensemencé de truites.

La ville organique 

par Luc Bureau

La ville, la vraie ville, est ce qui se parcourt à pied sans aucune idée des distances parcourues. Son aire d'extension se jauge aux pas oubliés du promeneur. Oublier ses pas, c'est avoir l'esprit et les sens tout absorbés par la prospection de nouvelles visions et perspectives, de nouveaux repères et visages.

Le paysage

par Luc Bureau

Au dire des plus grands exégètes de la paysagerie1, le paysage serait né le jour où un gentilhomme fortuné vivant aux heures denses et agitées des débuts de la Renaissance s'employa à rempla­cer la toile cirée et opaque — aussi opaque qu'un drap mortuaire ! — garnissant les fenêtres étroites de sa gentilhommière par de minces panneaux de verre transparent permettant à la lumière d'entrer et à l'œil de sortir. Le verre à vitre translucide, dont jamais jusqu'à ce jour on n'avait fait usage dans l'architecture civile, venait de faire une percée spectaculaire2. Notre messire, subjugué par cette mise en lumière de sa demeure et les trouées murales ouvrant sur des lambeaux du décor champêtre, passa les premiers jours enchaîné aux fenêtres à regarder à travers les vitres l'étrange spectacle qui s'offrait à son regard : les guérets, les champs couverts de moissons, les bêtes craintives, le bosquet touffu perché.

Le peintre Pierre Lussier, un grand paysagiste

par Jacques Dufresne

Quel promeneur de l'hiver québécois n'a pas été touché par un ruisseau coulant entre deux bourrelets de neige? Rares toutefois sont les moments où le promeneur ordinaire est assez attentif à ce qui s'offre ainsi à lui pour le contempler jusqu'à l'extase. Ces extases semblent au contraire être la réaction habituelle de Pierre Lussier. Un rêve s'y ébauche, aussitôt soumis à l'épreuve du réel. Ses tableaux nous sembleront ainsi à la fois plus beaux qu'un rêve et plus vrais qu'une photo. (Tableau: Et l'homme épousa l'hiver)

 Le Soleil

par Laurent Drissen

Pas de vie et pas de paysage sans soleil. Pour ouvrir un dossier sur ce sujet éblouissant, nous attendions un texte de l'astrophysicien Laurent Drissen, lequel a accepté avec joie de collaborer à notre œuvre. Une connaissance est d'autant plus vivante qu'elle englobe un plus nombre de regards sur un même objet. Notre soleil est aussi éclairé par la pensée de Nietzsche, par la poésie de saint François, de Valéry et de Baudelaire, par les images du cinéaste Frédéric Back et du peintre Aïvazovski. Enfin, un économiste doublé d'un écologiste nous donne à réfléchir sur l'énergie solaire et la croissance économoique.

Le Messie de Haendel

par Hélène Laberge

Le concept de maladie créatrice, défini par Henri F. Ellenberger, s'applique particulièrement bien à Haendel. Au mi-temps de sa vie, il fut frappé d'une maladie (une paralysie) que son médecin jugea si grave qu'il prédit que l'illustre compositeur ne pourrait plus composer. Haendel se rendit tout de même à Aix La Chapelle pour y subir une cure d'eau. « Déjà au bout d’une semaine, il pouvait se traîner, au bout de quinze jours remuer le bras droit, formidable victoire de la volonté et de la confiance. […] Le dernier jour de sa cure, parfaitement maître de son corps et sur le point de quitter Aix la Chapelle, il s’arrêta devant l’église. Il n’avait jamais été particulièrement pieux, mais comme il montait à la galerie des orgues […] il se sentit touché par l’Infini.» Haendel tâta les touches, « Peu à peu, il commença à jouer, à improviser et il se laissa emporter par le courant. De nouveau les matériaux sonores s’amoncelaient et s’édifiaient miraculeusement dans le domaine de l’invisible; sublimes, les constructions de son génie montaient, montaient toujours plus éclatantes. En bas, nonnes et fidèles écoutaient, haletants. Ils n’avaient jamais entendu un mortel jouer ainsi. » C'est à la suite de cette guérison que Haendel composa le Messie.

 La Nativité

 Notre ami Éric Volant, éditeur de l'Encyclopédie sur la mort, attire notre attention sur ce film de Catherine Hardwicke.

 

 


 LIVRES

Vous avez dit «La Belgique»?  Louis Valcke, Montréal, Tryptique 2011

Louis Valcke est d'origine flamande et de langue française comme Jacques Brel, mais là s'arrête la comparaison entre le chanteur et le philosophe. Contrairement à Brel, Louis Valcke ne s'éloigne jamais de la raison la plus claire quand il s'impose la tâche impossible d'expliquer la Belgique aux étrangers.

 

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