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La lettre de l'Agora Vol 4 No 7 , août  2012

Ne perdons pas le Nord

«J'ai lu votre article-dossier avec grand intérêt, impressionné par la richesse et la qualité de son contenu. Vraiment, j'ai beaucoup appris.» Yves Martin

Le Québec n'est encore qu'une province canadienne et pourtant les élections qui vont s'y tenir bientôt devraient intéresser le reste du monde à commencer par les francophones d'Afrique : il y sera question du développement du Nord, c'est-à-dire de biens communs de l'humanité tels que l'eau, l'énergie et le fer, sur un territoire deux fois plus grand que la France, représentant 72% de l'espace québécois.

Ce soir, 31 juillet 2012, à la veille du déclenchement des élections, deux firmes internationales de conseil en stratégie et management,  Secor et KPMG, toutes deux proches du parti libéral au pouvoir,  rendaient public un rapport précisant que la population du Québec indisposerait le monde des affaires en exigeant une hausse des redevances des compagnies minières. Dans le même reportage, le représentant d'ArcelorMittal menaçait de mettre fin à ses investissements si une telle catastophe se produisait. C'est sous l'effet d'un matraquage intellectuel de même bassesse, que Duplessis, il y a   soixante ans, a cédé notre fer à  1 $ la tonne, (140 $  aujourd'hui, selon Index Mundi)!   La vérité c'est que les métaux à forte concentration, à commencer par  le fer, sont de plus en plus rares dans le monde et que si les populations  propriétaires des gisements font preuve de clairvoyance, de fermeté et de solidarité, les géants de l'industrie minière devront venir en suppliants vers ceux qu'ils traitent avec arrogance aujourd'hui. En attendant ce grand réveil, ArcelorMittal a mis le grappin, c'est le cas de la dire, sur le gisement de fer  de la Terre de Baffin pour moins de 400 millions $. Elle pourrait en tirer des revenus de 720 milliards si le prix se stabilisait à 180 $ la tonne. Ce prix a oscillé autour de 10$ jusqu'en 2004, puis il a grimpé rapidement: 60 $ en 2008, 83 $ en 2009, 126 $ en juillet 2010, 173 $ en juillet 2011. Jolis profits pour des entreprises déjà rentables en 2004. Les Québécois ont-ils eu leur part de ces profits?

  

Conférence de Jacques Dufresne, mardi le 7 août 2012 au Boquébière,  50 Wellington nord, Sherbrooke, de 19 à 21 heures: Sujet:  Ne perdons pas le Nord

Je suis disponible pour d'autres rencontres  de ce genre Jacques Dufresne

  

 Apollon et le nageur modèle 2012

La comparaison entre ces deux images, celle de l'Apollon du Belvédère et celle de Michael Phelps, vaut 2000 mots de Platon.

Les Jeux olympiques sont un cours de philosophie que l'humanité se donne à elle-même, à grands frais, tous les deux ans. Ce cours est d'autant plus efficace qu'il se présente comme un simple divertissement n'ayant aucune visée pédagogique. On en absorbe le message sans l'ombre d'un esprit critique. Tout le monde se réjouit par exemple de ce que la spécialisation dans un sport commence dés la plus tendre enfance.

Appel aux dons

Dix lettres comme celle-ci ne valent-elles pas un mètre de la route conduisant à la mine de diamant de la Stornoway? Vous pouvez faire votre don en ligne ou par chèque libellé à: Société des amis de l'Encyclopédie de l'Agora , 190 chemin Corey, Ayer's Cliff (Québec) J0B 1C0 Canada.

 Drogue: Dolor en Mejico, numbness in USA

 Dans cette lettre intitulée Apologies to Mexico, Rebecca Solnit, une anthropologue qui a elle-même expérimenté diverses sortes de drogues dans le grand mouvement des années 1960 montre comment la recherche de l'insensibilité (numbness) par les amateurs des drogues importées aux USA concourt à la cauchemardesque guerre des narcotrafiquants au Mexique. Et elle demande pardon aux Mexicains pour les souffrances qui leur sont infligées dans cet incessant commerce entre les deux pays. Traduction et adaptation: Hélène  Laberge

 « Cher Mexique, je vous demande pardon. J'ai tellement de raisons de vous demander pardon depuis la façon dont Monsanto, cette corporation biotechnique américaine, a contaminé votre maïs jusqu'à la manière dont l'Arizona et l'Alabama persécutent vos citoyens. Mais en ce moment c'est pour la guerre de la drogue que je veux vous demander de nous pardonner, pour les 10 000 cauchemars terrifiants que nous rapportent les nouvelles et pour tout le reste qui demeure inconnu. »

L'Afrique francophone, seconde chance du français en Corée du Sud

par Marc Chevrier

Les ressources naturelles mènent à tout, même à la langue française. Tandis que les Coréens délaissent le français au profit de l'anglo-américain dans leurs institutions d'enseignement, l'Afrique francophone, qui intéresse de plus en plus l'administration et les entreprises coréennes, offre au français l'occasion d'une renaissance dans l'Asie orientale. Dans une excellente étude qui fait le point sur la situation du français en Corée, Marianne Milhaud, de l'Université Hankuk des études étrangères de Séoul, estime qu'on ne peut plus tabler sur le prestige ancien du français comme langue de culture pour la rendre attrayante aux yeux des Coréens. Il ne s'agit pas pour autant de faire valoir le français par sa seule utilité. Entre l'argument de la culture et celui de l'utile, il existe une troisième voie estime Mme Milhaud. «L'étude du français peut servir à la formation intellectuelle et à l'acquisition d'un esprit critique», une critique, notamment, de la mondialisation.

Caïn et Abel selon Éric Volant

 «'' Terre de Caïn '', est l'expression que Jacques CARTIER a utilisé pour décrire la côte septentrionale du golfe du Saint-Laurent, quand il l'a aperçu pour la première fois en 1534. Il faisait sans doute allusion au chapitre IV de la Genèse, où Caïn, ayant tué son frère, est condamné à labourer une terre stérile. » (Encyclopédie canadienne.) Dans l'esprit de bien des Québécois, le Nord est encore la terre de Caïn, une terre maudite, tout  juste bonne à être cédée à vil prix aux étrangers. Il y a d'autres interprétations de l'histoire de Caïn et Abel. Éric Volant en présente une dans l'Encyclopédie sur la mort.

 

 Le biochar

Une histoire amazonienne, pleine des rebondissements les plus étonnants, pourrait enfermer le secret d'un fertilisant naturel, propre, peu coûteux et plus efficace que les fertilisants chimiques. Un article remarquable sur ce sujet...

Livres

Gustave Thibon Dossier H

« L'homme le plus naturellement libre » de son siècle, Gustave Thibon, a déconcerté ses contemporains. Ils ont cru le "classer" en multipliant clichés et caricatures. Philippe Barthelet les dénombre, dénonce et démonte avec un beau mordant et leur substitue autant de vérités.

 

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