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La lettre de l'Agora Vol 5 No 1 , Septembre  2012

De Desmarais en Sirois

Démocratie ou ploutocratie, gouvernement par le peuple ou par l'argent? La question se pose en ce moment plus que jamais dans le monde. Aujourd'hui dans la démocratie américaine, la richesse est un atout pour un candidat. Elle vaudra peut-être à Mitt Romney d'être élu président. Au Québec,: la richesse certes est aussi un atout, plus déterminant peut-être qu'aux États-Unis parce qu'elle est répartie entre un petit nombre de citoyens, mais, chose regrettable, il lui est permis de rester invisible, privilège dont Charles Sirois, le cofondateur de la Coalition Avenir Québec s'est empressé de se prévaloir, imitant ainsi son homologue auprès du parti libéral, Paul Desmarais.

Il n'a presque jamais été question de Charles Sirois dans la présente campagne électorale. Après quelques apparitions publiques au moment du lancement de son parti, il est rentré dans les coulisses et c'est précisément de cela qu'il faut s'inquiéter. S'il avait choisi les armes de la parole et de la présence réelle en sa présentant dans un comté on saurait tout sur ses affaires personnelles et ses ambitions, on lui aurait même demandé de rendre ses rapports d'impôts publics, comme on l'a fait pour Mitt Romney.  Le fait que Charles Sirois ait choisi l'obscurité des coulisses ne nous dispense pas de faire la lumière sur lui, cela renforce plutôt notre obligation de le faire.

Ne perdons pas le Nord

Conférence de Jacques Dufresne à Québec

Lieu: Québec, salle des services diocésains (Développement et paix) 

1073 Boul. René-Lévesque Ouest (métrobus 800-801, stationnement gratuit)

 

Heure :  19h00


Les vidéos de  la conférence du 7 août à Sherbrooke sont maintenant disponibles

 Appel aux dons

Pour soutenir une liberté plus forte que la force de l'argent, vous pouvez faire votre don en ligne ou par chèque libellé à: Société des amis de l'Encyclopédie de l'Agora , 190 chemin Corey, Ayer's Cliff (Québec) J0B 1C0 Canada.

 

Marc Chevrier sur la francophonie

La francophonie un alibi

Sensée trouver sa raison d'être dans la défense du français au sein même des États qui adhèrent à ses objectifs, la Francophonie est devenue progressivement une institution confinée à l'incantation et à l'exhortation au respect de belles vertus sans engagement réel de la part des États qui les contractent. Cette évolution cautionne par ailleurs le désintérêt marqué des élites françaises pour leur langue nationale, pressées qu'elles sont, à l'université comme dans les forums internationaux et européens, d'afficher bruyamment leur compétence dans le globalais qu'est devenu l'anglais véhiculaire. En somme, parce que le français possède une organisation consacrée, les élites françaises, et même québécoises ou canadiennes, se croient dispensées d'une défense active du français chez elles ou à l'étranger.

Le français se porte mal à l'ONU

 

Le français, à l'ONU, se porte plutôt mal, et si l'on en croit une étude réalisée par l'Assemblée des fonctionnaires francophones des organisations internationales, le recrutement des fonctionnaires onusiens privilégie l'anglais comme langue obligatoire, alors que le français est rarement exigé, bien qu'il soit l'une des langues de travail de l'ONU.

Des universités anglo-québécoises plutôt choyées

Le printemps érable québécois a mis au devant de la scène publique la question universitaire au Québec. Or, si l'on a discuté à satiété de la hausse des frais de scolarité, parmi les plus bas en Amérique, on n'a guère considéré un autre aspect problématique du réseau universitaire québécois : le sur-financement des universités anglophones par l'État québécois lui-même. Alors que la communauté de langue maternelle anglaise représente environ 8% de la population québécoise, les trois universités anglophones du Québec touchaient environ 29% des subventions publiques et 35% des subventions fédérales. Cette disparité avantage également les cégeps anglophones. Dans un livre éclairant, Louis Préfontaine fait un panorama de la question et propose des pistes de solution.

Dossier Haïti. Le français, langue du CARICOM?


Aujourd'hui, travaillant à sa reconstruction, Haïti entend jouer un rôle plus décisif dans la région des Caraïbes. Ainsi, son nouveau président, Michel Martelly, a demandé aux dirigeants des pays et territoires membres de la CARICOM réunis à Sainte-Lucie le 4 juillet 2012 d'adopter le français comme l'une des langues officielles de l'organisation. Créée en 1973, la CARICOM est une organisation régionale qui regroupe une quinzaine de pays et territoires des Caraïbes. L'anglais en est l'unique langue officielle, bien qu'avec ses 9 millions d'habitants, Haïti représente environ 56% de la population totale de la CARICOM.

 Le ipatient

Une histoire, déjà traduite en trente langues, qui a un rapport direct avec l'efficacité, le coût et l'humanité des soins de santé. Je me demande, dit en substance Abraham Verghese, médecin et écrivain, si le patient réel n'est pas devenu une simple image du patient virtuel, celui dont le cas est discuté ailleurs par un groupe d'experts réunis devant un écran. Le patient réel on ne l'a pas touché au moment du diagnostic, on ne le touchera pas quand il mourra. Il est seul pendant qu'on s'anime autour de son double virtuel, que Verghese appelle le ipatient. Je donne ainsi l'essentiel d'une remarquable conférence que chacun peut entendre sur TED

Livres

Erewhon de Samuel Butler

Ce livre marque une étape cruciale dans la réflexion sur les rapports de l'homme et de la machine. Erewhon est un anagramme de Nowhere. Ce nulle part, Butler le situe par-delà les montagnes en Nouvelle-Zélande. Après avoir franchi une passe dangereuse, on débouche sur une terre habitée par des humains d'une extraordinaire beauté, mais aux mœurs étranges. Ils semblent avoir lu Darwin. Ils considèrent, par exemple, la maladie et la pauvreté comme un crime, ce qui dans la perspective darwinienne de la survivance du plus apte n'est pas dénué de sens. S'avouer malade dans ce pays, c'est plaider coupable. C'est la solution la plus efficace que les Erewhoniens ont trouvée pour échapper aux méfaits encore plus graves de la médicalisation. Ils ont pour les mêmes raisons interdit la pratique de la médecine et si quelques médecins continuent à oeuvrer, au noir, dirions-nous, ils le font à leurs risques et périls. On les a mis à l'écart pour éviter qu'ils n'aient trop de pouvoir sur les familles et les villes entières auprès desquelles ils interviendraient.

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