Archives

 

 

 La Lettre de L'Agora Vol 5 No 5, février  2013

Pour dépasser la corruption par Stéphane Stapinsky

L'après-Charbonneau par Jacques Dufresne

 En marge de la Commission Gomery, de la Commission Charbonneau et des grandes opérations policières au Québec, voici une lettre dont le sujet principal intéressera tous les citoyens de pays imparfaits.

Dépasser la corruption, mais comment? La première réponse, la plus évidente, celle qui est assurément nécessaire, passe par la législation. Les gouvernements favoriseront, si ce n’est déjà fait, l’adoption de nouvelles lois qui vont tenter de lutter plus efficacement contre la corruption. Les spécialistes de l’éthique seront mis à contribution afin de proposer de nouveaux outils, des codes ou des réglementations plus serrées. « Sous Néron les Sénèques fleurissent et c’est au milieu des catastrophes morales que prospère l’éthique (16). » Mais est-ce suffisant pour rendre possible un redressement réel sur le plan moral ? Non, car l’éthique fait d’abord et avant tout appel à la raison, et la raison seule ne peut être à l’origine d’un sursaut moral durable. Il ne suffit pas d’édicter des règlements, de promulguer des lois pour être bon. La moralité d’une action, d’un comportement ne se décrète pas. Elle ne se déduit pas non plus d’un code. La métaphore écologique à laquelle Lise Payette, une ancienne ministre, a eu recours dans une note sur l'après-Charbonneau, nous engage dans une voie plus prometteuse: «Quand nous aurons coupé les arbres qui privent la nature de l'air, de l'humidité et du soleil dont elle a besoin pour vivre, qu'aurons-nous à planter pour retrouver une forêt saine et solide.» Le Devoir du premier février 2013.

  À propos de Benoît XVI

 Notre dossier contenant  un texte d'Alain Besançon et un autre de Jean-Philippe Trottier.  A propos du discours de Ratisbonne, Pour un dialogue fondé sur la raison par Jean-Philippe Trottier. Conférence de J.Ratzinger sur John Henry Newman.

   Homo Vivens

   Bienvenue au nouveau portail Homo Vivens: une source incontournable pour ceux qui s'intéressent au sort de l'homme vivant dans un contexte où le fonctionnement de la machine est partout proposé comme modèle.   Appel aux dons

   Pour soutenir une liberté plus forte que la force de l'argent, vous pouvez faire votre don en ligne ou par chèque libellé à: Société des amis de l'Encyclopédie de l'Agora, 190 chemin Corey, Ayer's Cliff (Québec) J0B 1C0 Canada.

  Penser la science par Bernard Charbonneau. Choix des extraits: Sébastien Morillon

 Le plus souvent on critique la religion au moyen d’arguments empruntés à la science, et la science au moyen d’arguments fournis par la religion. S’élevant au-dessus de ces deux univers, Charbonneau les critique au nom de l’unique liberté, cette brèche douloureuse et lumineuse qu'ouvre au fond de nous la contradiction. Les religions, dit-il, fabriquèrent un ersatz de cosmos rationnel gouverné par quelque Surhumain. La science, ajoute-t-il, a fait passer la connaissance de l’orbite du sens à celle de la puissance. «Devenu Dieu grâce à la Science, l’homme sera parfait et immortel comme Lui», mais à l’état de machine, ajouterons- nous. Raison pour laquelle nous avons créé le portail Homo Vivens.

 Est-ce la faute de la technique ? par Jean-Pierre Dessertine

  Dans notre typologie des protagonistes du monde moderne, les transhumanistes ont une place à part. Provenant des trois figures citées (technoscientifique, marchand et homme commun), ils se caractérisent par le refus de l’ambivalence. Ils nient le sérieux des problèmes que pose à l’homme commun la prolifération technique contemporaine. En cette négation, les transhumanistes retrouvent la candeur de l’homme occidental, à l’aube du XIXe siècle, quand il était conquis par les gains de pouvoir sur la nature apportés par le progrès technique ; ils en reprennent le scientisme, c’est-à-dire la croyance que la technoscience pourra apporter une solution à tous les problèmes. Les transhumanistes, ces chantres de l’avenir, ne seraient-ils pas les plus vieux des modernes ?

 Robert Musil  par Mario Pelletier

 Le moment était venu pour nous de consacrer un dossier à Robert Musil, l'auteur de  L'homme sans qualités, incontestablement l'un des grands romans du XXe siècle, que l'on peut interpréter comme le tableau de la fin d'un empire, l'empire austro-hongrois, symbolisant l'Occident dans son ensemble.  Nous y voyons d'abord une critique du règne de la quantité. Aux yeux d'Ulrich, le personnage principal, la qualité suprême c'est le génie. Il comprit qu'il est un homme sans qualités, le jour où il put lire tout à coup, quelque part (et ce fut comme un coup de vent flétrissant un été trop précoce) ces mots : « un cheval de course génial » Voir notre extrait

 Ébauche d'un lexique sur la corruption  par Jacques Dufresne 

 Il faut de toute urgence adjoindre une linguiste à la présidente de la Commission Charbonneau.
Si Monsieur Zambito, sur lequel pèse de lourds soupçons de collusion avec le crime organisé, a été accueilli comme un héros par le jeune public participant à l’émission Tout le monde en parle, c’est de toute évidence parce que dans l’esprit de ce public tout est encore flou. Cela ne présage rien de bon. Les coupables récidiveront d’autant plus facilement qu'au lieu d’être marqués au fer rouge par certains mots sans complaisance, ils auront tous le sentiment d’appartenir à la même catégorie du vaguement malhonnête.

 Des Caraïbes françaises à la francophonie transaméricaine par Marc Chevrier

 On oublie souvent que le français est une langue panaméricaine: son inscription territoriale ne se limite pas au Québec et aux autres populations francophones du Canada, ni aux Franco-Américains de la Nouvelle-Angleterre et de la Louisiane. Par ses départements outre-mer des Caraïbes, la Martinique et la Guadeloupe, et celui de Guyane, taillé au nord-est du continent sud-américain, la France possède un prolongement dans les Amériques, qui en fait un État intercontinental. Et bien sûr, Haïti donne aux îles des Caraïbes un visage français et créole. Et l'acteur le plus actif pour promouvoir le français dans la région demeure la France, devançant et de loin le Québec, qui n'a pas les moyens d'avoir une véritable diplomatie, et le gouvernement fédéral canadien, qui se garde bien d'y faire quelque promotion que ce soit du français.

 

  ____________________________________________________________

   Livres

 

   L'anneau de Gygès un extrait de la République de Platon

    Voici quelques-unes des plus belles pages jamais écrites sur l'homme juste: celui qui aime la justice au point de renoncer pour elle aux apparences de la justice et de prendre ainsi le risque d'être traité comme le mériterait l'être le plus injuste. L'anneau de Gygès, selon le sens où on le tourne, rend visible ou invisible celui qui le porte, c'est une machine à produire l'impunité. Lequel d'entre nous serait juste s'il possédait un tel pouvoir? Quiconque, à quelque époque que ce soit, voudra dépasser la corruption, aboutira à cette question, qui en soulève une autre encore plus fondamentale: comment aimer la justice pour elle-même, si elle n'est qu'une abstraction, qu'un objectif que l'homme s'assigne à lui-même?

 

 ________________________________________________________________

 

 

Coordonnées

 

  Abonnement ou désabonnement: editeurs@agora.homovivens.org

 

  Questions ou commentaires: editeurs@agora.homovivens.org

 

 L´Encyclopédie de l'Agora, 190 chemin Corey, Ayer's Cliff, (Québec)
J0B 1C0 Canada