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La lettre de l'Agora Vol 6 no 5 , 27 décembre 2013

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Chers lecteurs, Joyeux Noël 2013 et bonne année 2014 !

Notre guignolée intellectuelle a connu un grand succès. Il y a beaucoup de présents, petits et gros, dans votre lettre du Jour de l’an 2014, prenez la peine de les ouvrir un à un. Ce devait être la Lettre de Noël 2013, mais un congé d’électricité non sollicité nous a contraints à la reporter!

Célébrations de l’incarnation

La déshumanisation est indolore. Nous conversons tous les jours avec des robots sans en souffrir le moins du monde. On nous annonce l’utérus artificiel pour demain, nous déclarons sur un ton joyeux qu'on n’arrête pas le progrès. Il en résulte un refroidissement de la planète humaine plus incontestable que le réchauffement de la planète physique. Déjà en 1984, dans Les modernes, Jean-Paul Aron diagnostiquait une glaciation des cultures.

Ces derniers temps, notre premier souci a été d’attirer l’attention de nos lecteurs sur les causes du refroidissement, notamment sur la montée du formalisme et de la désincarnation. Aujourd’hui, à l’occasion de Noël, nous voulons évoquer les hautes incarnations qui nous ont servi de critères pour dénoncer ces excès de formalisme et de désincarnation que nous avons appelés emmachination.

Nous avons invité quelques-uns de nos amis à repérer, en justifiant leur choix, parmi les êtres humains et parmi les œuvres d’art, les meilleurs exemples de cette incarnation achevée qui constitue la vie, la vie comme qualité. (Suite de ce texte)

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Frédéric Back ou la vie plus forte que l’envie

Mort de Frédéric Back. Cet artiste surtout connu par ses films d’animation qui lui ont valu deux Oscars, était pour nous un ami et une source d’inspiration. Dans son film le plus connu, il a adapté au cinéma un texte de Jean Giono intitulé L’homme qui plantait des arbres. Aucune œuvre ne correspond mieux que la sienne à nos Célébrations de l’incarnation. On admire d’abord en lui le militant écologiste doublé d’un dessinateur génial, mais il était aussi un métaphysicien comme le montrent deux de ses films d’animation, trop peu connus : Tout-rien et Illusions. Dans Tout-rien, il nous présente l’être humain comme une créature dévorée par l’envie. D’où le titre de l’article que sa mort nous a inspiré : Frédéric Back ou la vie plus forte que l’envie.

Interlude : Le vieux fellah, le prince et le mandarinier par Mounia Chadi

  

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De la musique avant toute chose : Beethoven, Blues, Grégorien , Furtwängler

Le premier témoignage que nous avons reçu est aussi celui qui illustre le mieux la conception de l’incarnation la plus prisée parmi de nos amis : celle qui s’opère dans la musique. En quelques paragraphes qui vous inciteront à écouter cette pièce, en prenant comme critère l’incarnation, Dominique Collin nous dit pourquoi il met le quatuor no 15 de Beethoven au sommet de sa hiérarchie musicale.

Le témoignage de Dominique a inspiré Stéphane Stépansky. Nous pressentions que Stéphane avait un sens de la musique exceptionnel. Il nous le prouve ici par trois courts essais, sur le grégorien, sur le blues et sur Furtwängler et Beethoven où il met son esprit de finesse au service d’expériences authentiques de la musique. Il en résulte des évocations saisissantes de la vie dans la musique, de l’incarnation de l’âme du compositeur de l’interprète dans la chair sonore. Voici l’ébauche d’un bel ouvrage sur la musique

Les mathématiques avant la musique

 Si, comme le dit Leibniz, les mathématiques sont l’âme de la musique ( «La musique est une mathématique de l’âme qui compte sans savoir qu'elle compte»)  ont peut aussi dire que les mathématiques elles-mêmes sont le corps d’une intuition esthétique, l’équivalent d’un tableau et d’un poème. Dans son article intitulé Henri Poincaré et l'harmonie interne du monde,  Bernard Courteau nous apprend qu'aux yeux du mathématicien français Henri Poincaré, les mathématiques révèlent l’harmonie interne du monde.

Interlude : Un dimanche au Sénégal par Esther Labelle

Jean-Paul Desbiens, un penseur incarné

Jean-Paul Desbiens aimait-il Beethoven? Ça lui ressemblerait. Il aimait sûrement la musique, car de l’un des ennemis sur la place publique, il a dit, citant Shakespeare à propos de Brutus : «Il a les lèvres minces et il n’aime pas la musique.» Aux yeux d’Hélène Laberge, il est l’un des écrivains québécois le plus incarnés. Elle nous le fait redécouvrir en montrant que ses insolences n’avaient rien d’insolent et que le temps qui passe efface les ombres qui ont trop longtemps obscurci une gloire qu'il mérite aussi bien en tant qu'homme d’action qu'en tant qu'écrivain.

Autre chrétien incarné : Jacques Loew, prêtre ouvrier et écrivain, par Benoît Lemaire.«Les plus hautes réalités ne s’opposent pas : justice et miséricorde, liberté et autorité, discipline et grâce, bien personnel et bien commun. Le propre de l’intelligence – comme d’une saine philosophie – est de ne pas laisser une vérité cancériser les autres.»

Interlude : Je suis un soir d’été par Pierrette Laperle

Du sourire de Mandela à la lumière de Ver Meer et à la concentration du penseur De Rodin

D’où vient le sourire de Mandela, se demande Jacques Dufresne, de la surnature ou de la nature? Il précise ainsi le cadre d’un débat qui, tout en restant centré sur l’incarnation, oppose les tenants de l’immanence à ceux de la transcendance. Le sourire de Mandela est-il un effet de la grâce ou la fine fleur de l’évolution, l’achèvement d’un mouvement où la conscience et la chair toutes deux sorties de la mer et de la terre, s’unissent dans une même humanité?

Jacques Dufresne ne cache pas sa préférence pour la transcendance, mais il se réjouit de ce que dans un article intitulé Insensibilité, mère des déraisons, un tenant de l’immanentisme, Jocelyn Giroux célèbre l’incarnation en donnant comme exemple un tableau de Ver Meer, ce «contemplateur de l’évidence.» Yves St-Arnaud le rejoint dans un texte dense à l’image du penseur de Rodin, lequel illustre sa conception de l’incarnation.

Interlude : Ma mère, de Shiva Ryu, poète coréen, traduit par Jung Yong et Dominique Collin

 

Budget de l’État, coût de la santé, une compassion moulée sur une contrainte

Les chiffres ont mauvaise presse dans le discours sur l’incarnation. Il est pourtant des domaines, le budget de l’État et la santé publique par exemple, où paradoxalement ils sont des véhicules de la compassion. Ici une seule erreur grave peut exposer les générations futures au malheur. Dans son article, intitulé Les finances publiques du Québec : de mal en pis, Denis Bédard, ancien sous-ministre des finances et ancien secrétaire du Conseil du Trésor critique la stratégie budgétaire de l’actuel gouvernement du Québec. Santé publique : Pierre Biron vient de publier la dernière version de son alter dictionnaire médico-pharmaceutique et de ses annexes. Pour assainir nos finances publiques il suffirait que nous accordions à cette œuvre l’attention qu'elle mérite.

Interlude : La résurrection des mots par Jacques Dufresne

Le cinéma, témoin de la transcendance ou de l’immanence

La présence du transcendant dans le cinéma expérimental de Bruce Elder (par Christian Roy) et son absence dans la Vie de Brian de Monty Python. (par Jean-Philippe Costes.)

«La notion théologique d’incarnation fournit la clé du cinéma d’Elder, en tant que modèle d’un engagement amoureux de la conscience dans le monde, censé contrecarrer la posture de domination qu’induit la technologie.»

La vie de Brian : comment l’homme créa Dieu à son image.»

 

Interlude : Petite cantate de Noël par Paule Rózsavölgyi

L’architecture selon André Bruyère : «une tendresse moulée sur une contrainte»

On peut se sentir aimé du créateur des lieux où l’on vit ou de ceux où l’on travaille, même quand le matériau principal est le béton. C’est le miracle de l’architecture, l’art par excellence, parce qu'il enferme tous les autres…et la plus grande partie de la durée qui nous est allouée.

 

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