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 La Lettre de L'Agora, Vol.9 no 4, 9 janvier 2017

Vol.9 No.4 Trois lettres: Noël, Nouvel An,  les Rois

 

Les cadeaux les plus attendus sont les plus beaux.

Voici trois lettres dans une : celle de Noël, celle du Nouvel An et celle des Rois. Pour la lettre de Noël, nous avons invité quelques amis à évoquer brièvement une expérience de la beauté qui a marqué leur vie.

Dans la lettre du Jour de l’An, nous avons fait place à la commémoration, à l’histoire de l’art et à la critique d’art, peinture et architecture en particulier.

La lettre des Rois, nous l’avons consacrée à la politique et à l'information. Il y est question de la Truthiness, de la post-vérité dont elle est l’ancêtre et de la légaisation du cannabis récréatif au Canada.

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La lettre de Noël

L'homme qui pleurait devant la beauté, par Jean-Philippe Costes

« Je réponds à votre invitation en vous envoyant deux textes de ma composition. Le premier, de facture classique, est un bref éloge de L'homme au bras d'or, d'Otto Preminger. Le second, plus "original", est un petit poème consacré à la Beauté - un sujet pour lequel nous avons semble-t-il un égal intérêt. »

Les larmes de Gaia, par Daniel Laguitton

Son regard s’attarde sur la délicate arborescence des nervures blanc jaunâtre qui découpent le vert cireux des feuilles de choux sur lesquelles le moindre frisson d’air fait rouler des larmes cristallines gonflées par la coalescence de perles de rosée. À l’instant précis où le pâle soleil d’hiver se lève, le champ tout entier s’illumine et scintille pendant que des milliers d’arcs-en-ciel miniatures s’allument sur les feuilles. Sans le savoir, l’enfant pèlerin est à Compostelle, Campus Stellae et, dans l’égouttement des feuilles, la Terre pleure de joie.

Utopia, par Pierrette Laperle

Les burqas, les hijabs accrochés aux branches des arbres flottent dans le vent comme des drapeaux en liberté. Les femmes à visage découvert marchent dans les rues enceintes d'espérance. Dans l'ombre paisible des cimetières reposent un arsenal de kalachnikovs des tyrans maintenant disparus.

Léonard Cohen ou l’unité de l’être, par Chantal Doré

Marqué dans ma mémoire, ce monsieur chapeau-cravate chantant dans un doux cri, saisissant son micro comme un naufragé un bois flottant, comme une supplication, une prière, à genoux sur scène devant son public ou devant une femme aimée, respirant, incarnant la spiritualité comme la sensualité.

Dans beauté, il y a aube, par Pauline Michel

Dans le mot Beauté, il y a AUBE pour la naissance du jour, de la lumière qui redonne aux choses leurs contours, leurs formes, leurs couleurs, leur existence visible pour nos yeux aveugles dans le noir. Du haut d’une montagne, seule, à un kilomètre du plus proche voisin, je cueillais les matins avec émerveillement.

La rédemption des nymphéas, par Mario Pelletier

« Lors d’un voyage de jeunesse à Chicago, j’ai d’abord été témoin d’une scène d’horreur dans une cafétéria. […] C’est hanté par les images horribles de la rixe que je suis arrivé au musée. Mais là, un moment de grâce m’attendait. J’entre dans une pièce, et c’est la beauté pure : les Nymphéas de Monet occupent tout l’espace comme un jardin d’eau féérique. »

La musique, une fuite vers l’essentiel, par Lise Dolbec

« Chaque fois que j’écoutais la Symphonie no 5 de Tchaïkovski, j’éprouvais une émotion indéfinissable, un sentiment réconfortant et particulièrement intense. Quand j’en ai parlé à ma mère, elle m’a répondu qu’elle répétait cette symphonie avec l’orchestre dans lequel elle jouait lorsqu’elle était enceinte de moi. Cette œuvre a donc pris pour moi un sens tout particulier, comme le son du violon. »

La Mort de Virgile - Poème lyrique et roman symphonique, par Lise Dolbec

 Herman Broch, un écrivain de premier ordre, selon Hannah Arendt. Lise Dolbec nous le présente ici dans une perspective intemporelle, à partir de son chef d’œuvre La mort de Virgile. Témoins de l’ascension de Hitler, H. Broch et son concitoyen viennois Robert Musil, ont chacun écrit, sur les phénomènes des masses, des choses de la plus grande pertinence pour notre temps.

Point de mystique de la beauté, par Yan Barcelo

« Le romantisme, avec Germaine de Staël, a institué la religion de l’art, mais nous sommes loin d’une mystique de la beauté. Cette religion a mené, je crois, à une hypertrophie de la figure de l’artiste qui, à son tour, a conduit aux deux extrêmes de notre époque : d’une part, l’hermétisme narcissique de l’art contemporain où l’artiste se retrouve à ne parler qu’à lui-même; d’autre part, le populisme narcissique de « l’artiste » à la mode où l’art devient synonyme de s’exprimer devant un public.»

Hors-champ

Une vache en quête de liberté, par Hélène Laberge

(...) « Une heure s’écoule. La vache ne broute plus, elle a disparu. Or, en faisant irruption dans la salle de séjour, je vois à nouveau sa tête appuyée contre la fenêtre. Son regard est presque un regard humain. Je la regarde longuement. Ma pauvre bête solitaire. Que cherches-tu? »

La lettre du Jour de l’An

Trous de mémoire dans l’espace public québécois, par Marc Chevrier

Du 6 au 8 octobre 2016 le MNQ (Mouvement national des Québécois) tenait à Montréal dans la salle du Gésu des États généraux sur les commémorations historiques. Nous reproduisons ici le texte de la conférence que prononça Marc Chevrier à cette occasion.Pourquoi les vieilles pierres nous fascinent-elles à ce point ?

Le général de Gaulle au Québec, 50 ans après, par Jacques Dufresne

La solidarité du général de Gaulle ne se limitait pas à la langue. Cela, le maire Jean-Paul l’Allier de Québec l’avait bien compris. Au cœur d’une ville dont le sentiment national avait déjà commencé à se refroidir, il a fait ériger une statue du général en 1997, trente ans après le grand voyage. Et où l’a-t-il placée? Dans le même espace urbain que la statue de Jeanne d’Arc et celle de Montcalm. Jeanne d’Arc symbolise à la fois les racines chrétiennes de la France et du Québec et la mission civilisatrice commune à ces deux nations.

Pourquoi les vieilles pierres nous fascinent-elles à ce point ? par Stéphane Stapinsky

En Amérique du Nord, continent irrigué par l’imaginaire de la nouveauté perpétuelle, la préservation du patrimoine, contrairement à l’Europe, n’est pas quelque chose qui va de soi. Le Québec n’est assurément pas le meilleur des élèves en la matière. Aussi, est-il intéressant de se tourner vers l’étranger pour y chercher une inspiration. Un organisme américain, le National Trust for Historic Preservation, publiait récemment dans sa revue un riche dossier sur les lieux historiques.
Pourquoi les lieux chargés d’histoire sont-ils importants? Améliorent-ils la vie des gens? Quel est leur rapport avec la beauté?
Avec la création? Telles sont quelques-unes des pistes ouvertes par les collaborateurs de ce numéro, qu’on peut télécharger gratuitement  sur le site de l’organisme.

Un moment charnière dans l’histoire de l’art au Québec et en France, par Jacques Dufresne

Voici un livre qui ne laissera personne indifférent, en France comme au Québec, à cause de l'éclairage nouveau qu'il jette sur une période de l'histoire de l'art (1930-1950) qui fut cruciale de part et d'autre de l'Atlantique. Ce livre, Le souffle et la flamme, Marie-Alain Couturier au Canada et ses lettres à Louise Gadbois a été publié par la maison Septentrion, réputée pour son expertise en histoire. [...] Monique Brunet-Weinmann montre très bien, par exemple, comment la menace atomique, surgissant après une guerre apocalyptique, a pu peser sur la pensée d’un Borduas, déjà en rupture avec ses propres racines religieuses.

Eugène Delacroix : « Complexité » et « Souveraineté » entre Dieu et Homme, par Heinz Weinmann

Nous proposons d‘aller en quête de la « complexité », aujourd’hui un des termes les plus galvaudés, étant donné que l’expression « c’est complexe » est devenue le masque d’une ignorance insolente qui n’ose pas dire « j’ignore » ! Nous voulons dégager la « notion de complexité » à partir du tableau d’Eugène Delacroix, le « Combat de Jacob avec l’Ange » (1861) tout en essayant de cerner le concept aux antipodes, la « souveraineté », à peine moins galvaudée que la première.

Cinéma d’architecture, À la rencontre du génie organique de Roger D’Astous, par Marc Chevrier

Il y a deux types de beauté, il y a celle des collines, puis celle des monts. La première est la beauté réconfortante que l’on côtoie dans le quotidien auprès d’objets familiers adaptés à nos besoins et à nos manies, qui nous réchauffent, nous cajolent, nous apaisent; l’autre, plus âpre et plus difficile à apprivoiser, est celle des sommets, et se conquiert par les efforts de l’escalade ou par l’ascèse, au risque de donner le vertige et le sentiment de perdre pied. […] Le grand art de Roger D’Astous combine les deux types de beauté, la rondeur des collines et les arêtes escarpées des monts.

Réflexions en marge du livre de François Cardinal et Pierre Thibault : Et si la beauté rendait heureux, par Jacques Dufresne.

L’abbaye et les maisons paysage correspondent au pôle géométrique de l’art de Pierre Thibault, mais cet art possède aussi un pôle convivial. […] La synthèse des deux pôles de l’art de Pierre Thibault, je la trouve dans cette maison du Plateau Mont-Royal, la Fonderie, qui donne justement sur une ruelle. C’est celle où pour ma part j’aimerais le mieux vivre. C’est aussi cette maison et le quartier où elle s’inscrit qui évoquent le mieux la formation de l’homme par la cité, la paideia.

La lettre des Rois

La post-vérité, mais de qui ? par Andrée Mathieu

Quand deux grands journaux de l’élite anglo saxonne, le Washington Post et le Guardian se rétractent pour avoir publié une information mensongère sur des questions aussi cruciales que le piratage informatique de Julian Assange ou de la Russie...

La beauté défaiseuse des nœuds du Soi, par Dominique Collin

Truthiness : opinion non fondée présentée comme une vérité. Seul un comédien (Stephen Colbert) ayant le droit de dire n’importe quoi pouvait la formuler impunément, et seul un politicien comédien comme Trump, assez riche pour se permettre n'importe quoi, pouvait de son côté en tirer parti.

Le cannabis re créatif, par Jacques Dufresne

La drogue et la médecine dorment dans le même lit. La chose était manifeste au XIXe siècle pour ce qui est de l’opium. Aujourd’hui, les morts par overdose sont souvent attribuables à des dérivés de l’opium obtenus par le biais de prescriptions. Si dans le cas du cannabis, c’est l’usage récréatif qui a ouvert la voie, il faut tout de même noter que le TDH, principe actif du cannabis, est un tranquillisant, comme le valium et que les deux produits ont connu le succès au même moment.

 

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