Archives

 

La lettre de l´Agora Vol 1 No 2, janvier 2009

Mauvaise fortune, bon coeur

N.B. Au cas où cette lettre vous parviendrait déformée, nous vous invitons à lire la version de nos archives.

À tous les amis et abonnés de l'Agora,

Faire contre mauvaise fortune bon cœur! J'ai compris la beauté de cette maxime en écoutant le témoignage amer d'une femme âgée qui avait déposé toute sa fortune dans le tonneau sans fond du spéculateur Bernard Madoff. Le sentiment d'avoir été trahi par un ami, s'ajoutant à la perte du fruit de son travail, avait épuisé sa réserve de bon cœur. J'ai compris à son amertume que la perte de cette réserve était un malheur plus grand que celle de ses économies.

Le bon cœur suppose la force d'âme, à laquelle il ajoute un élan de joie de vivre et de générosité, de même qu’un jugement de valeur libérateur sur les conditions du bonheur. Nous avons tout perdu sauf notre amour. Recréons le monde autour de cet amour!

D'où vient cette réserve de bon cœur qui semble inépuisable chez certains êtres et certains peuples? Nous avons intérêt à réfléchir à cette question dans le contexte actuel, caractérisé par le retour des limites. Depuis quelques siècles, nous nous faisons gloire de pouvoir repousser sans cesse les limites. Elles reviennent aujourd'hui au «galop» de tous les points de l'horizon. Il ne faut peut-être pas renoncer à la croissance, mais si elle doit subsister, il nous faudra lui donner une forme qualitative qui la rende compatible avec les limites quantitatives des ressources naturelles.

Pour inviter vos amis à s´abonner à La Lettre de L´Agora, vous pouvez leur transmettre ce message.

Nous vous remercions à l´avance de l´intérêt que vous porterez à cette lettre.

Jacques Dufresne et Hélène Laberge, fondateurs de l´Agora
et l´équipe des collaborateurs de l´Agora

 

________________________________________________________________________________________________

Un régime enregistré d'épargne invalidité au Canada, par Hélène Laberge, Encyclopédie de l'inaptitude.


Le REEI, voici une mesure qui aidera bien des gens à faire contre mauvaise fortune bon cœur. Si vous-même ou un ami de la famille déposez 1 500$ dans le compte enregistré de votre enfant invalide, le gouvernement canadien ajoutera 3 500$, jusqu'à concurrence de 200 000$, les revenus provenant de ce capital n'étant pas imposables. Il s'agit d'une première mondiale, mais déjà plusieurs autres pays préparent des projets semblables, nouvelle doublement réjouissante car elle prouve que ces pays, loin de profiter de la récession pour négliger les plus vulnérables, veulent au contraire les rassurer.

http://agora.qc.ca/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/REEI_Regime_enregistre_d_epargne-invalidite

 

2009, année de la monnaie et de la solidarité locales par Jacques Dufresne, Encyclopédie de la Francophonie

Le 21 décembre dernier, la télévision de Radio Canada, après la BBC, présentait un reportage sur la Lewes Pound, la monnaie locale que vient d'adopter cette petite ville anglaise du Sussex. Il y a un an, c'est la ville de Totnes, dans le Devon, qui lançait sa propre monnaie. L'intérêt des grandes chaînes de télévision pour cette question est une indication qu'il faut prendre au sérieux. Lewes et Totnes font partie de ces villes de transition (transition towns) dont le nombre s'accroît à un rythme tel qu'il pourrait bien y avoir bientôt des centaines de monnaies locales dans le monde. Il y en aura peut-être des milliers, car loin de se limiter aux villes de transition, les monnaies locales apparaissent sur tous les continents sous diverses formes, comme les SEL ou systèmes d'échange locaux en France. En Allemagne, on note un vif intérêt pour Silvio Gesell, l'auteur d'une théorie monétaire dont on s'inspire dans le mouvement des monnaies locales. Aux États-Unis, un ancien trader de Wall street vient de lancer un ouvrage intitulé Slow Money et l' « obamiste » Christopher Hays prend la défense des économistes hétérodoxes.

http://agora.qc.ca/francophonie.nsf/Documents/Crise_financiere--2009_annee_de_la_monnaie_et_de_la_solidarite_locales_par_Jacques_Dufresne

 

Le Biochar, Pro Natura, Encyclopédie de la Francophonie

Depuis que la revue Nature a consacré deux articles au biochar, il n'y a plus de doute sur l'intérêt que présente cette découverte, ou plutôt cette redécouverte. Un document sur le charbon vert, déjà publié dans cette encyclopédie, nous apprend comment on peut fabriquer à partir de la biomasse, de préférence sous forme de mauvaises herbes ou de résidus de récolte, un charbon pouvant remplacer avantageusement celui qu'on produit traditionnellement à partir du bois. On vient de découvrir que le même charbon, traité adéquatement, est un fertilisant qui, en plus d'être d'une étonnante efficacité, présente l'avantage de séquestrer le carbone et de ne pas polluer les cours d'eau. Mieux encore, ce fertilisant peut conserver son efficacité pendant des milliers d'années. Dans une édition récente, le journal anglais The Guardian rangeait le biochar parmi les vingt meilleures idées vertes.

http://agora.qc.ca/francophonie.nsf/Documents/Charbon_vert--Biochar_par_Pro_Natura

 

Simone Weil et les crises actuelles, par Jacques Dufresne, Encyclopédie de l'Agora

À l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Simone Weil, - née à Paris le 2 février 1909, morte en Angleterre le 21 août 1943 - ,en ouvrant La pesanteur et la grâce, le premier recueil de ses pensées, je tombe sur ce passage: «Le rapport de signe à signifié périt; le jeu des échanges entre signes se multiplie par lui-même et pour lui-même. Et la complication croissante exige des signes de signes.» N'est-ce pas une telle rupture entre le signe et le signifié qui est l'ultime explication de la crise financière? Plus loin dans ce même livre: «Parmi les caractéristiques du monde moderne, ne pas oublier l'impossibilité de penser concrètement le rapport entre l'effort et le résultat de l'effort. Trop d'intermédiaires. Comme dans les autres cas, ce rapport qui ne gît dans aucune pensée gît dans une chose : l'argent. » Dans l'Enracinement, Simone Weil propose une réponse à notre question: d'où vient le bon cœur?

http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Simone_Weil--Simone_Weil_et_les_crises_actuelles_par_Jacques_Dufresne

 

La mort biologique (critères pour une définition), par Éric Volant, Encyclopédie sur la mort

Les nouvelles frontières de la mort: débats actuels. La mort apparaît désormais comme le point final d'un processus complexe aux contours fragiles et changeants: la mort devient multiple et plurielle. « Il suffit de penser aux techniques de réanimation cardiaque, au respirateur artificiel ou encore à la greffe d'organes pour saisir l'élasticité actuelle de ses frontières. Cette fluctuation ne concerne pas uniquement la délimitation du moment final, mais aussi celle du lieu central de l'inscription corporelle de la mort, lequel se modifie à travers l'histoire, passant des poumons (souffle) au cœur pour finalement se loger dans le cerveau. Qu'est ce qu'une personne humaine? Quel est le lien entre un individu et son corps? Quand une personne cesse-t-elle réellement d'exister? Les débats entourant la reconnaissance de la mort cérébrale démontrent qu'il n'existe pas de réponse universelle à ces questions, que les frontières de la mort, comme celles de la subjectivité, sont culturellement construites et historiquement instituées » (d'après C. Lafontaine, La société postmortelle, Seuil, 2008, p. p. 69-96).

http://agora.qc.ca/thematiques/mort.nsf/Dossiers/La_mort_biologique_Criteres_pour_une_definition

 

Le côté vert du social, par Jacques Dufresne, Encyclopédie de l'inaptitude

C'est le titre du dernier numéro de la revue Développement social, un numéro qui donnera de l'espoir à tous ceux qui, entendant les discours officiels sur les remèdes à la crise économique, s'inquiètent de ce que nos gouvernements s'apprêtent à investir massivement dans les infrastructures, en faisant passer les questions écologiques au second plan et les questions sociales au énième plan. Ce numéro paraît donc au bon moment.

http://agora.qc.ca/thematiques/inaptitude.nsf/Documents/Communaute--Le_cote_vert_du_social_par_Jacques_Dufresne

 

Récolté chez les Sans Terre du Brésil, par un collectif , Encyclopédie de l'Agora

Reportage fort instructif présenté par un groupe de six jeunes Québécois à leur retour d'une mission auprès du Mouvement des sans terre au Brésil. Voici un extrait de ce reportage portant sur les conséquences de la culture intensive de la canne à sucre en vue de la production d'éthanol: «Dans l'État de São Paulo, le plus populeux du pays et le principal producteur de canne à sucre, il n’existe presque plus de production agricole à des fins alimentaires. Les petits agriculteurs restants n’arrivent souvent pas à concurrencer les produits alimentaires importés et se trouvent obligés de se tourner eux aussi vers la production de la canne à sucre. Sinon, ils doivent se résoudre à vendre leurs terres à des entreprises, qui les intégreront in fine à leur réseau de production de canne à sucre et de transformation en éthanol. Les petites propriétés agricoles ont donc presque complètement disparu de l’État : la moyenne actuelle en superficie est désormais de 20 000 hectares de plantations de canne à sucre par propriété.»

http://agora.qc.ca/sansterre

 

Médias

 

Un film qui dit tout sur l'agriculture, par Hélène Laberge, Encyclopédie de la Francophonie

«Lorsqu'il y a déséquilibre, les champignons apparaissent.»Cette phrase résume bien le film Cultivons la terre, un documentaire français réalisé par Honorine Périno.La crise alimentaire est mondiale et les géants de l'industrie accélèrent la cadence des grandes monocultures intensives carburant au pétrole, (engrais, pesticides, machineries et transports) pourtant en partie responsables de cette crise. Véritable précis d'agriculture responsable, ce film propose des solutions de rechange qui s'imposent comme autant d'évidences.

Vous aimez la science. Nous aussi nous disent les agriculteurs interrogés dans le film, mais surtout quand elle consiste à mieux étudier le milieu vivant. Nous apprenons ainsi qu'il existe des laboratoires haut de gamme où l'on cultive des trichogrammes, de jolis insectes inoffensifs sauf contre la pyrale du maïs et les autres lépidoptères, dont ils mangent les oeufs. On n'entend pas dans ce film des mots savants comme biomimétisme ou science réparatrice. C'est là toutefois le fil conducteur: étudier le milieu vivant, avec patience et humilité, dans toute sa complexité pour pouvoir tenir compte de cette complexité quand on intervient ensuite sur ce milieu.

http://agora.qc.ca/francophonie.nsf/Documents/Crise_alimentaire--Un_film_qui_dit_tout_sur_lagriculture_par_Helene_Laberge