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La lettre de l'Agora Vol 1 No 4, Mars 2009

Filet étatique, filet social

 

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Le filet qu'on appelle social est en réalité un filet étatique. Il faut le conserver et tenter de l'améliorer. Nécessaire, il l'est plus que jamais et il le sera de plus en plus en raison des défis associés aux limites des ressources et aux pollutions, en raison également des hauts et des bas de la mondialisation. Mais il ne suffira pas. Il faut tenter de faire revivre l'authentique filet social, lequel est aussi un tremplin. Ce filet social se déploie merveilleusement en cas de grande catastrophe naturelle, preuve que la fibre sociale naturelle est bien vivante, qu'on peut redevenir peuple quand être masse est l'état normal. Mais face au malheur d'origine humaine, on redevient masse et si on se mobilise c'est, sauf exception, pour demander le secours de l'État plutôt que pour passer soi-même à l'action dans les sphères où l'on peut agir efficacement. Le peuple agit, la masse subit, le peuple est flèche, la masse est cible. Nous n'avons plus qu'une vague idée de la solidarité dont les peuples pouvaient faire preuve, non seulement pour survivre aux crises, mais pour en sortir grandis. Il nous faut repenser la solidarité.


Jacques Dufresne et Hélène Laberge, fondateurs de l´Agora


 

Villes en transition: un site pour la francophonie, par Jacques Dufresne, Encyclopédie de la Francophonie

La ville de Coaticook située au sud du Québec, à la frontière du Vermont, compte 9 000 habitants, la municipalité régionale de comté dont elle est le centre en compte 19 000 ; ce n'est pas un endroit destiné à devenir un centre international d'information. Et pourtant, pendant que le Chicago Tribune et le Los Angeles Times négocient avec leurs créanciers, de Coaticook surgit un outil d'information dont l'ensemble de la Francophonie pourrait bientôt s'enorgueillir: le site Villes en transition.

http://agora.qc.ca/francophonie.nsf/Documents/La_culture_de_transition--Villes_en_transition__un_site_pour_la_francophonie_par_Jacques_Dufresne

Un filet social traditionnel dans la Beauce québécoise, par Hélène Laberge, Encyclopédie de l'Inaptitude

Compte tenu des services professionnels, les uns étatiques les autres privés qui s'y multiplient depuis un siècle surtout, les collectivités industrialisées n'offrent qu'un filet social minimal à leurs membres, si bien qu'il y est désormais bien difficile de se représenter la vie quotidienne à un moment où même les services juridiques n'existaient pas. Comment vivre sans policiers, sans avocats, sans médecins, sans travailleurs sociaux, sans psychologues, sans assureurs, l'Église étant la seule institution présente? Les peuples inventaient leurs solutions, comme ils créaient leurs chansons en l'absence d'une industrie de la musique.

http://agora.qc.ca/thematiques/inaptitude.nsf/Documents/Repenser_la_solidarite--Un_filet_social_traditionnel_dans_la_Beauce_quebecoise_par_Helene_Laberge

Entraide et pauvreté vers 1900, par Léon Gérin, Encyclopédie de L'Agora

Dans les rapports du voisinage à Saint-Justin, il y avait lieu de distinguer trois degrés: le premier voisin, le rang, la paroisse. «Chaque rang pourvoit à l'assistance de ses pauvres. À Saint-Justin, la mendicité était un fait d'occurrence très rare à l'époque où j'y poursuivais mes recherches. Quelques journaliers, pourtant, sur leurs vieux jours, y tombaient à la charge du public. C'était alors, au premier chef, à la famille du nécessiteux, à ceux de sa parenté, à se charger de son entretien. Mais, à leur défaut, les habitants du rang devaient y pourvoir. Les indigents étaient logés et pourvus de toute chose au moyen de contributions volontaires. Tous les six mois à peu près, il s'organisait dans les divers rangs une collecte ou tournée au bénéfice des pauvres du rang. Les aumônes se faisaient en nature et les tournées étaient toujours fructueuses. (...)

http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Solidarite--Entraide_et_pauvrete_par_Leon_Gerin 

100 000 nouvelles petites fermes aux États-Unis, par Jacques Dufresne, Villes en transition

Les adeptes américains de l'agriculture biologique ont eu un moment ce rêve fou: que Michael Pollan, ce poète de la nourriture, auteur du best-seller Omnivore's Dilemma et d'une lettre célèbre au « farmer in chief » Obama, devienne le nouveau Secrétaire à l'agriculture. C'est plutôt un partisan des OGM, ancien gouverneur de l'IOWA, qui a été nommé à ce poste. Il n'est toutefois pas exclu qu'il puisse mieux servir la cause de l'agriculture biologique et des marchés locaux que ne l'aurait fait Pollan. Il a compris l'importance d'une bonne alimentation, dans le cas des enfants notamment. La part du plan de relance qu'il devra administrer comporte une somme de 250 millions destinés à garantir des prêts à des réseaux locaux, devenus nécessaire suite à l'apparition de 100 000 nouvelles petites fermes aux États-Unis et à l'intérêt des consommateurs pour les marchés fermiers. Rappelons que lors du dernier exercice financier américain, les subventions aux fermes industrielles étaient de 7,5 milliards, contre 15 millions aux petites fermes.

http://villesentransition.net/culture_de_transition/nouvelles/un_potager_organique_face_au_m_2009-04-7 

Les féodalités de l'argent, par Marc Chevrier, Encyclopédie de L'Agora

On ne cesse de dépeindre le capitalisme d'aujourd'hui comme un système libre de passions, dominé par la raison et le calcul, régi par les seules libertés individuelles. Comme si la passion, la servitude et la violence lui étaient tout à fait étrangères. Dirigés par de lointains seigneurs qui se cooptent et se parent de trophées d'argent, bonus et blocs d'actions, ces fiefs mènent des combats de titans: rachat, fusion, concurrence déloyale, rationalisation draconienne, attaque spéculative sur la monnaie ou sur les titres en bourse, etc. Pendant que, survolant les mers dans leur char ailé capitonné de cuir, les grands seigneurs s'affrontent au tournoi de la richesse mondiale, les serfs besognent au champ. Jadis, les esclaves avaient des maîtres en chair et en os, dont ils pouvaient aimer, redouter ou haïr le sourire narquois ou la voix glacée. Ils leur étaient attachés à vie et à mort, à ces hommes dont la richesse résidait dans la possession de seigneuries ou de latifundia. Comme tout a changé depuis. Le savoir fait la fortune, le travail – comme l'amour d'ailleurs – est devenu volontaire et passager, malléable à merci. L'esclave d'aujourd'hui est l'homme qui désespère de donner un visage à son maître, lequel n'a ni yeux, ni oreilles, ni même plus d'empreinte de papier!

http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Capitalisme--Feodalites_dargent_par_Marc_Chevrier

La sociabilité hier et aujourd'hui, textes de Peter Laslett et Philippe Ariès, Encyclopédie de l'Inaptitude

Quand nous portons des jugements, souvent négatifs, sur les rapports sociaux d’aujourd’hui, nous avons généralement à l’esprit, plus ou moins consciemment, un lieu ou un moment du passé où ces rapports étaient plus chaleureux. C’est ainsi que s’est construit le préjugé favorable aux rapports sociaux dans les sociétés traditionnelles. Les souvenirs sur lesquels cette construction repose demeurent toutefois vagues, ce qui rend flou le jugement que nous portons sur le présent par comparaison avec ce passé. C’est la raison pour laquelle de nombreux auteurs, des historiens surtout, ont au XXe siècle étudié les mentalités, alors qu’auparavant on s'était surtout intéressé aux grands événements politiques et militaires. Et c’est expressément dans le but de préciser leur point de comparaison avec le passé que deux historiens réputés, Peter Laslett en Angleterre et Philippe Ariès en France, ont dressé un tableau des rapports sociaux traditionnels de leur pays.

Le capital social, par Jacques Dufresne, Encyclopédie de L'Inaptitude

En moins de vingt ans, suite à l’usage qu’en firent les sociologues Pierre Bourdieu, James Coleman, et Robert Putnam surtout, la notion de capital social a conquis toutes les places fortes de la recherche sur les grandes questions sociales, politiques, économiques et même écologiques. La Banque mondiale l’a placée au centre de son processus de décision. Pourtant la question à l’étude est celle qui retient l’attention des penseurs depuis Platon et Aristote : quels rapports les hommes doivent-ils entretenir avec leur semblable pour vivre dans la paix et l’harmonie à l’intérieur d’un grand ensemble humain, qu’il s’agisse d’une cité ou d’une nation? Quel est donc l’éclairage nouveau qu’a apporté la notion de capital social pour prendre une telle importance en si peu de temps, pour devenir au début du XXIe siècle l’équivalent de la notion de classe sociale au début du siècle dernier?

http://agora.qc.ca/thematiques/inaptitude.nsf/Dossiers/Capital_social

 

Livres et Médias

De la pénombre à Cap-Lumière, Itinéraire politique et spirituel d’un patriote, par Hélène Laberge, Encyclopédie de L'Agora

Il y a des livres impossibles à mettre dans les rassurantes catégories littéraires ou philosophiques qui facilitent le jugement. Écrit dans un style extrêmement personnel par un amoureux de la poésie, haut en couleurs, Pierre Gagnon1 au terme de sa vie raconte sa recherche d’absolu à travers une vie sentimentale mouvementée et une passion pour la politique souverainiste du Québec, celle de René Lévesque en particulier, à laquelle il a été mêlé.

http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Souverainete--Itineraire_politique_et_spirituel_dun_patriote_par_Helene_Laberge

Dix vidéos sur la culture de transition, sur le site Villes en transition

Vivre sans pétrole, par la RTBF, Pic pétrolier: de l'escalade à la glissade, La décroissance selon Serge Latouche, La consommation selon Annie Leonard, Rob Hopkins sur la résilience.

http://villesentransition.net/transition/pages/ressources/videos

 

Joyeuses Pâques!

La notion de résilience est au cœur des documents que nous vous présentons aujourd'hui. Au moment de vous souhaiter de Joyeuses Pâques, nous notons la frappante analogie qui existe entre la résilience et la résurrection. Ne confondons pas les ordres. L'aptitude des systèmes vivants à retrouver leur intégrité après un stress est un phénomène naturel, le mystère de la résurrection du Christ est d'un autre ordre. Cela dit, pour tous ceux qui ne réduisent pas la vie à sa dimension mécanique, il y a aussi un mystère dans le fait qu'elle puisse resurgir, se guérir elle-même comme l'avait bien compris Hippocrate. Ce mystère naturel ne nous rapproche-t-il pas du mystère surnaturel? Dans l'autre direction, celle de la machine, il y a de moins en moins de mystère, mais de plus en plus de problèmes...