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La lettre de l'Agora Vol 2 No 3, novembre 2009

Un Copenhague social

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Cette lettre est pour nous l'occasion de vous présenter notre dernier site Internet: Appartenance

Pourquoi la réduction des gaz à effet de serre nous est-elle toujours présentée exclusivement comme une opération coûteuse pouvant conduire à une catastrophe économique accompagnée de troubles sociaux? Alors qu'on pourrait très bien présenter la même opération comme un moyen de renforcer le sentiment d'appartenance. Covoiturage: moins de pétrole, plus d'essence...humaine! Les 100 esclaves mécaniques que l'énergie bon marché met à notre disposition nous donnent un sentiment de puissance qui finit par jouer contre nous. L'isolement est devenu un fléau. Le paysan lui-même est enfermé dans la carlingue de son tracteur, coupé, tout se tient, de ses semblables, mais aussi de l'air, de la terre, de l'eau, du ciel et même du paysage, qu'il ne voit qu'à moitié. L'appartenance, ce lien vivant, ce plaisir des sens qui donne sens à la vie, est ainsi rompue.

Une agriculture moins énergivore et faisant un usage plus subtil de la science pourrait rétablir ce lien. Ce n'est là qu'un exemple parmi d'autres qui illustre ce que nous pourrions gagner en perdant de l'énergie. La première mission du nouveau site est de promouvoir l'appartenance pour elle-même, parce qu'elle correspond à un besoin fondamental de l'être humain. Nous sommes cependant si heureux de constater que la modération dans l'usage des esclaves mécaniques protège la biosphère tout en enrichissant la société, que nous en venons à confondre la mission sociale et la mission environnementale. Nos partenaires, L'Arche Canada et PLAN, sont deux  organismes dont la mission est d'indiquer à la société comment elle peut s'enrichir de la contribution des plus faibles, des plus vulnérables, ceux qui ont le moins d'esclaves mécaniques à leur disposition, mais disposent d'une sensibilité qui fait défaut à tant d'autres.

Jacques Dufresne et Hélène Laberge, fondateurs de l´Agora
et l´équipe des collaborateurs de l´Agora

 


 

AH1N1 et l'ABC de la culture médicale

par Jacques Dufresne, Encyclopédie de L'Agora.

AH1N1, une épidémie selon l'ancienne définition de l'OMS, une pandémie selon la nouvelle, a provoqué bien des discussions. Il se pourrait bien que ces incursions au coeur de la culture médicale soient le meilleur parti que nous puissions tirer des milliards dépensés et de l'angoisse créée. Les résultats ne sont pas encore connus. Quoi qu'il advienne, nous aurons tiré d'une éducation gratuite une santé coûteuse. Rien n'aura donc été perdu. Cela nous a incités à préparer,à partir de nos travaux antérieurs et de lectures récentes, un ABC de la culture médicale. Il est précédé d'une enquête philosophico-policière sur les décisions relatives au virus  AH1N1.

Pour une révolution de l'appartenance

par Al Emanski,  Appartenance

Le changement profond que nous imaginons est complexe. Notre intention est d’agir sur les organismes, les législations, les politiques et les attitudes. Créer un monde où chaque personne ait un sentiment d’appartenance exigera de notre part une créativité sans failles.

Soutenir la vie dans un contexte urbain

par Beth Porter, Appartenance

Nous savons construire des gratte-ciel, des rues souterraines, des aéroports et des banlieues. Savons-nous donner vie à ces vastes ensembles ou prévenir la disparition de cette vie là où elle existe? Bien peu d'auteurs ont traité ce sujet avec bonheur car pour comprendre la vie, il faut la porter en soi et posséder une sensibilité qui permette d'être touché, parfois au milieu de la laideur, par ces signes irrécusables de la vie que sont des vêtements sur une corde à linge, des légumes sur une table et une porte noire au milieu d'un mur de brique rouge. À l'origine, dit un autre grand urbaniste, Lewis Mumford, la ville était femme. Jane Jabobs a redécouvert cette origine.

Contexte et sentiment d'appartenance

par Andrée Mathieu, Appartenance

Plusieurs scientifiques ont fait part du sentiment de vide et d’aliénation qui les habite devant la conception moderne du monde. Nul ne l’a mieux exprimé que le célèbre physicien Erwin Schrœdinger : «L’image scientifique du monde réel qui m’entoure est très déficiente. Elle procure quantité d’informations basées sur des faits, classe toute notre expérience dans un ordre merveilleusement logique, mais elle garde un silence spectaculaire sur tout ce qui nous importe réellement. Elle ne nous dit pas un mot sur le rouge et le bleu, sur l’amer et le doux, sur la douleur et le plaisir ; elle ne sait rien du beau et du laid, du bon et du mauvais, de Dieu et de l’éternité.»

Appartenance de droit

par Marc Chevrier, Appartenance

Que l’on retranche maintenant de la nature le lien que crée la bienveillance, nulle famille, nulle ville ne peut subsister, les champs même cesseront d’être cultivés. (Cicéron)

Nos appartenances les plus proches comme les plus lointaines semblent aujourd’hui, en quelque société qu’on les observe, épouser le langage du droit. Il n’est d’identité qui s’affirme, de communauté qui se défende qui ne finisse par se réclamer de la loi, de la constitution ou de la décision d’un tribunal. Cette tendance, on la voit se déployer au Canada, pays de charte de droits qui, depuis la réforme dont Pierre-Elliott Trudeau fut l’inspirateur en 1982, se définit comme une société juste, qui avance pas à pas vers le progrès social et politique grâce aux moyens du système juridique. Les raisons de cette tendance sont complexes et variées. Examinons les plus frappantes. 

Ingrid Betancour, la mer qui se lève

par Zoël Breau, Appartenance

Inspirante d'humanité, Ingrid Bétancourt. Non pas tant par ce qu'elle dit que par ce qu'elle se refuse à dire. Notamment, en ce qui touche l'inhumanité de ses geôliers. Inhumanité qu'elle ne nie pas mais qu'elle se refuse à nommer. Pourquoi, alors que nous regardons sidérés les images humiliantes de sa détention, Ingrid Bétancourt détourne-t-elle les yeux s'interdisant de les regarder?


 

LIVRES

Henri F. Ellenberger Une vie, par Andrée Yanacopoulo, Liber, Montréal 2009

Compte-rendu d'Hélène Laberge, Enclopédie de l'Inaptitude

La biographie de madame Yanacopoulo est d’une telle richesse et d’un tel intérêt que ce court compte-rendu n’aura fait que l’effleurer. « Arrivé au terme de son travail, le biographe a le sentiment de mourir avec son héros, écrit-elle en conclusion. Mais bien vite il comprend qu’avec le mot de la fin tout est loin d’être dit, car s’amorce alors une seconde vie, celle du souvenir, celle de la gratitude envers celui qui, ainsi replacé sur la scène du monde, se trouve offert à l’admiration comme à la critique, mais aussi à la reconnaissance de son apport à l’édification du savoir. »

Témoignage de Jacques Dufresne, Encyclopédie de l'Inaptitude

Était-il lui-même atteint de cette maladie créatrice qu'il a si bien décrite? Je m'en voudrais d'appliquer à la légère à son cas un concept qu'il n’utilisait lui-même qu'avec la plus grande rigueur. Une chose est certaine cependant: il était créateur dans des conditions où la plupart des gens ont tendance à s'isoler en eux-mêmes.

 

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